Itinérance des données : qu’est-ce que c’est ?

Vous avez un forfait mobile, comme tout le monde, et vous partez en vacances à l’étranger cet été. Est-ce que votre téléphone va fonctionner ? Si oui, l’utiliser va-t-il vous couter plus cher ? Toutes les options contenues dans votre abonnement vont elles fonctionner ? Ces questions, elles reviennent immanquablement, dans toutes les boutiques de téléphonie, à chaque fois que les vacances approchent. Tentons d’y répondre.

L’itinérance

L’itinérance, c’est le fait d’être itinérant, mobile. Les opérateurs savent très bien que vous pouvez être amené à quitter le territoire national, et que vous n’allez pas souscrire à une nouvelle offre, dans le nouveau pays, à chaque fois que vous quittez la France. En effet, souscrire à un forfait italien ou allemand le temps d’un weekend, est-ce que cela vaut vraiment le coup ?

L’itinérance, c’est aussi le fait, de bénéficier des antennes relais d’un autre opérateur tout en restant sur le sol français. C’est le cas par exemple de Free, qui loue des antennes à Orange. Si un abonné Free mobile est connecté sur une antenne relais d’Orange, il est donc en itinérance. Ici, nous considérerons que nous parlons de l’itinérance dans son sens de réseau mobile à l’étranger.

L’itinérance est aussi connue sous le nom de roaming, sa traduction anglaise. L’itinérance, repose sur des partenariats, que va avoir votre opérateur, avec des opérateurs étrangers. Pour faire simple, votre opérateur A s’est entendu avec des opérateurs B, C, D, E … pour que vous puissiez utiliser leur réseau, quand vous vous trouverez dans leur pays respectif. C’est tout.

L’itinérance, c’est un mot qui fait très peur ! Et c’est compréhensible, car si l’itinérance comprenait (notez l’utilisation du passé), la appels voix, elle ne comprenait que rarement de la data, ou alors à des tarifs exorbitants, ou dans des volumes incompatibles avec l’usage moderne des téléphones. Partir 15 jours en vacances à l’étranger, et revenir avec 5000 euros de facture parce que vous avez consulté votre Facebook tous les jours ou regardé quelques vidéos, c’est une surprise dont beaucoup aimeraient se passer.

Peu à peu, les opérateurs ont donc réussi à intégrer un peu de data dans ces options d’itinérance, en Europe d’abord, puis avec quelques autres pays.

Mais pourquoi on parle au passé ?

Parce que à l’heure de l’écriture de ces lignes, l’itinérance n’existe plus ! Plus depuis le 15 juin ! Du moins pour les pays d’Europe et certains autres. Conscient du piège financier que l’itinérance pouvait représenter, et dans la logique d’ouverture des frontières, la Communauté Européenne a donc voté la fin de cette pratique. Donc à part si vous lisez cet article depuis le passé, ou si vous prévoyez de voyager vers un pays où aucun accord n’existe, vous n’avez plus à vous soucier de l’itinérance. Enfin, si, mais que pour une seule chose.

Les données

Vous l’aurez remarqué dans les petites lignes de votre contrat, ou pas, si comme tout le monde vous ne les lisez pas, mais même si l’itinérance n’existe plus, vous ne pourrez pas utiliser l’intégralité de votre forfait à l’étranger, même en Europe. La data, ça coute cher, et le législateur a été obligé d’imposer des quotas minimums aux opérateurs. Des quotas de donnée que ces opérateurs sont dans l’obligation de vous fournir si vous partez à l’étranger en Europe et dans les pays partenaires. Quel est ce quota ?

Il est variable en fonction de votre forfait. Du prix de ce forfait hors taxe pour être précis. Le quota minimum correspond au prix de votre forfait HT, donc, divisé par 3.85. C’est aussi simple que cela. C’est-à-dire, que si par exemple vous avez un forfait à 25 euros, il faut enlever la TVA (5€), puis diviser 20 euros, par 3.85, ce qui donne 5.2. Votre opérateur n’a pas le droit de vous fournir moins de 5.2 Giga de data en itinérance en Europe. Libre à lui, bien entendu, de vous en fournir beaucoup plus s’il le désire. Mais la loi impose ce minimum.

Certains opérateurs chouchoutent donc plus que d’autres leurs clients. Par exemple, chez Orange, vous pouvez utiliser toute l’enveloppe data de votre forfait à l’étranger, sans aucun problème. Chez Free, ce sont 25 Giga qui sont permis.

Les autres pays

La majorité des opérateurs français, ont fait le choix, d’élargir la loi en permettant de bénéficier des même conditions d’itinérance dans des pays ne faisant pas partie de l’Europe des 28. C’est ainsi souvent le cas avec les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la Nouvelle Zélande ou Israël par exemple, mais aussi avec d’autres pays. La liste des destinations pouvant prétendre à cette largesse est différente d’un opérateur à l’autre et il faut donc consulter sur son site ou sur votre contrat quels sont les pays admissibles.

Attention aux exceptions !

Cette loi ne s’applique qu’aux 4 opérateurs mobiles, définis comme tel, et opérant sur le sol français. C’est-à-dire que les opérateurs virtuels, les petits opérateurs abordables que l’on connait tous, peuvent déroger à cette loi. La prudence et la consultation des termes de votre contrat est donc de mise si vous êtes l’un de leurs clients.

De plus, il est possible d’avoir, si on le souhaite, un contrat qui ne dispose pas de ces options d’itinérance, mais dans ce cas précis, il faudra que ce contrat émane de votre volonté propre, que ce soit donc vous qui en ayez fait la demande.

En conclusions, si vous avez un forfait d’un des 4 opérateurs nationaux et que vous voyagez en Europe, ou dans l’un des pays figurant sur la liste de votre opérateur, vous ne serez pas soumis à des frais d’itinérance. Tout au plus il vous faudra composer avec les éventuelles limitations en terme de volume de data. Le temps où la peur de voyager, à cause de l’épée de Damoclès que représentait la facture est donc révolu. Espérons que l’entente internationale parviendra à généraliser ce procédé et que bientôt vous pourrez profiter de votre forfait mobile partout dans le monde.

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